| L'amazonie Bresilienne |
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L'Amazonie brésilienne Le gigantisme du réseau fluvial Caractéristiques de la forêt toujours verte La forêt inondée ou forêt d'« IGAPO » Le rôle de L'eau das la vie traditionnelle La colonisation agricole et ses dangers L'Amazonie brésilienne La végétation La forêt, elle-même diverse. n'est pas la seule formation végétale de l'Amazonie. Il existe des taches étendues de "campos" (savane herbeuse), notamment dans l'île de Marajó (à L'ouest de Belém) et dans le Roraima, autour de Boa Vista. D'autre part, la bordure sud-est est couverte de "cerrados" (savane arborée), caractéristique des plateaux du Brésil central. Cet espace amazonien compte peu d'habitants en raison d'une histoire économique qui s'est réalisée, certes dans un milieu difficile, mais a surtout consisté en une exploitation sans peuplement. On a chassé et refoulé les indiens, on a pratiqué la cueillette et non la plantation. L'"importation" des esclaves noirs était interdite pour ne pas concurrencer sur le marché les planteurs de canne à sucre du Nordeste. Aujourd'hui, il existe des aires de densités démographiques plus soutenues, dans la vallée moyenne de l'Amazone (entre Manaus et Santarém) et près de Belém. En Amazonas, les villes de Itacoatiara, Parintins, Manacapuru Coari et Téfé dépassent les 50.000 habitants (IBGE 2000). Les routes La construction de routes a permis de mettre en valeur les interfluves alors que, traditionnellement, l'accès aux terres de l'intérieur se faisait par l'eau. La première route a été la "Belém - Brasilia" qui a concrétisé le rôle de la nouvelle capitale du Brésil comme point d'ancrage de l'intériorisation du peuplement et de l'économie. De même direction nord-sud, sont la «Cuiaba - Santarém», la «Porto Velho - Manaus» et la «Manaus - Boa Vista / Vénézuela». La célèbre route "transamazonienne" est de direction est-ouest, et se situe au sud de l'Amazone tandis que sur l'autre rive, la route du "Périmètre Nord" reste inachevée. Certaines de ces routes ont rempli parfaitement leur rôle d'élément intégrateur; ce sont les routes nord-sud qui lient des pôles importants comme Cuiaba, Porto Velho, Manaus, ou Belém et Brasilia. Elles ont drainé toute une population de colons qui se sont installés sur leur bord. Les axes est-ouest (transamazonienne et périmétral norte) furent de grands projets répondant à des impératifs plus politiques qu'économiques. Les difficultés rencontrées lors de la construction (région marécageuse, terrains accidentés ou tribus indigènes..) accrurent considérablement les coûts d'implantation. Les conditions d'entretien et l'absence d'ouvrages d'art sur de nombreuses rivières traversées par la route (système de bac) rendent aujourd'hui certains tronçons impraticables pendant une bonne partie de l'année, ou totalement impraticable. La "perimetral norte" devait rejoindre la frontière du Pérou pour intégrer l'Amazonie brésilienne aux pays de la côte pacifique; la route ne dépassa pas l'état de Roraima. Le projet a été abandonné par le gouvernement fédéral. Dans l'État de l'Amapá, une route est en train d'être construite de Macapá vers la Guyane Française. Depuis 1998, Manaus est relié au Venezuela par une route asphaltée, ouvrant ainsi à cette métropole régionale tout le marché nord de l'Amérique du Sud ainsi que les Caraïbes. Ce désenclavement de Manaus provoque une profonde mutation de son activité économique et industrielle. La forêt amazonienne La forêt amazonienne n'est pas uniforme. La forêt dite de "terre ferme", dont la strate supérieure atteint 30 mètres de hauteur, sauf sur les sols sableux particulièrement pauvres, est différente de la forêt dite de "varzea" et de la forêt dite d'igapo. En plus de ces divers faciès forestiers, il existe des savanes herbeuses ou arborées. La richesse floristique Les botanistes ont dénombré dans la forêt amazonienne plus de 40.000 espèces végétales, dont plus de 250 espèces d'arbres (à titre de comparaison, les chiffres de France sont respectivement de 4500 et d'environ 50). Cette profusion de la vie végétale tient au climat constamment chaud et humide qui assure toute l'année de bonnes conditions au processus la photosynthèse, à l'inverse de ce qui se passe sous les hautes ou moyennes latitudes à cause de l'hiver froid, ou dans les milieux tropicaux à saisons alternées, à cause de la saison sèche. Bien que les pluies ne soient pas d'égale importance tout au long de l'année, le milieu ne comporte pas de contrastes saisonniers très marqués, de sorte que la végétation n'a pas de rythme biologique : la forêt reste toujours verte. Cela veut dire qu'un arbre peut perdre ses feuilles tandis qu'un arbre voisin les garde. Il peut aussi perdre ses feuilles sur une branche, tandis que de jeunes pousses grandissent sur une autre branche. Par conséquent, à l'échelle de la forêt, la couverture de feuilles vertes reste constante.` Caractéristiques de la forêt toujours verte Elle comporte plusieurs strates d'arbres. Les arbres sont élancés, à tronc lisse et à embranchement tardif en forme de bouquet. Les arbres ont souvent des contreforts à la base. Les feuilles, de forme arrondie, se terminent souvent par une sorte d'appendice appelé acumen qui traduit la suralimentation de la veine centrale. Les arbres supportent de nombreuses lianes et des épiphytes, c'est à dire des végétaux qui prospèrent sur eux sans appui terrestre. La forêt, agent climatique Cette forêt, que l'on peut expliquer par le climat chaud et humide, est elle-même un facteur climatique dans le sens qu'elle entretient l'humidité. On voit des brouillards qui s'élèvent des arbres: les indiens, familiers de ce phénomène, distinguent le brouillard qui vient de la terre: "lbi timor", en langue tupi, et le brouillard qui vient des eaux: "i timor". Il y a donc alternance d'évaporation (en général le matin), et de précipitation (en général l'après-midi) : la forêt est ainsi un agent climatique. Cela pose des problèmes écologiques pour la mise en valeur, d'autant qu'il faut tenir compte de la fragilité des sols. La forêt inondée ou forêt d'« IGAPO » On distingue 3 milieux amazoniens: • La terre ferme correspond aux interfluves qui ne sont jamais atteints par les eaux. Elle porte la forêt majestueuse. • La varzea correspond aux parties du lit majeur qui sont recouvertes par les hautes eaux et découvertes au moment des basses eaux. On y trouve notamment les berges exhaussées des "rios". En effet, les fleuves construisent des sortes de bourrelets sur leurs rives (le frottement sur les bords ralentit le courant et diminue la capacité des eaux à transporter en suspension la charge alluviale). A l'état naturel, les varzeas portent des forêts ou des "campos" (savanes herbeuses), mais elles sont souvent cultivées : à chaque période de hautes eaux, leurs sols reçoivent en effet des alluvions (bourrelets de rive) et s'en trouvent enrichis. Ce sont donc des sols fertiles. • L'igapo correspond aux marécages où l'eau demeure en permanence. Au moment où le niveau du rio baisse et ou les varzeas sont ainsi découvertes peu à peu, les bourrelets de rives empêchent que toute l'eau qui avait envahi le lit majeur regagne le lit mineur. De l'eau subsiste donc dans les parties basses de la plaine d'inondation. Il y pousse cette forêt d'igapo ou forêt inondée, adaptée aux particularités du milieu, le complexe "rio-igapo-varzea » n'est pas aussi étendu en surface que la terre ferme. Il représente pourtant des espaces considérables puisque la plaine d'inondation de l'Amazone et de ses principaux affluents est large de plusieurs dizaines de kilomètres. Surtout, il joue un rôle capital pour la distribution de la population et pour son mode de vie. L'alternance des hautes eaux et des basses eaux a ainsi des conséquences pour les rythmes de chasse et de pêche des populations indigènes: • Quand les eaux montent, les espaces émergés diminuent progressivement: c'est la saison de la chasse car le gibier se trouve peu a peu prisonnier d'îlots qui rapetissent. • Quand les eaux descendent, on peut mettre en valeur les varzeas en les cultivant, et c'est aussi la saison de la pêche, les poissons se trouvant piégés dans les marécages qui s'amenuisent. Le rôle de L'eau das la vie traditionnelle La pêche est une activité très importante pour les caboclos et les Indiens qui y trouvent une bonne partie des protéines qu'ils consomment: le poisson est indispensable à l'équilibre d'ailleurs précaire, de leur alimentation. Malheureusement, toutes les rivières ne sont pas également poissonneuses. La toponymie des cours d'eau rappelle les contrastes entre les ressources. • Certains rios sont appelés "rios brancos", c'est à dire rivières blanches, parce que leurs eaux ont la couleur blanchâtre due aux alluvions transportés qui apportent des minéraux utiles au démarrage de le chaîne alimentaire propre à l'écosystème aquatique : les plantes aquatiques prospèrent, et avec elles, les poissons. En d'autres termes, le monde vivant, végétal et animal, trouve à se nourrir dans les "rios brancos". • Au contraire, certains "rios" sont appelés "rios negros", c'est à dire rivières noires, parce que l'absence d'alluvions fait que seule se voit la masse d'eau noirâtre. Dans cette eau très faiblement minéralisée, et donc dépourvue d'éléments nutritifs, la production des plantes aquatiques est très faible et avec elle celle des poissons. La chaîne alimentaire de ces "rios negros" est donc extrêmement tenue: les hommes ne trouvent presque pas de nourriture dans les rios negros qu'ils appellent pour cette raison « rios de fome », c'est à dire rivières de la faim. Ajoutons que cette appellation se justifie d'autant plus que, dépourvus d'alluvions les rios negros n'enrichissent pas les varzeas au moment de leurs hautes eaux comme le font les rios brancos. La population indienne Il est difficile de dénombrer la population indienne d'aujourd'hui: les spécialistes l'évaluent à environ 150.000 personnes et la COIAB (Coordination de Organisations Indiennes de l'Amazonie Brésilienne) à environ 250.000. (Rappelons qu'en 1500, il en existait probablement 3 millions sur le territoire aujourd'hui brésilien). Cette population résiduelle est composée de 9 groupes identifiés par les ethnologues selon des critères linguistiques : • Les TUPIS forment la plus grande famille linguistique. Autrefois installés sur la cote atlantique, ils subsistent dans le bassin amazonien, surtout près des affluents de la rive droite de l'Amazone, • Les GÉS dominent sur le plateau brésilien. Sont de ce groupe, notamment des tribus installées près des rios Araguaia, Xingu et Tocantins. • Le groupe NUARUAOUE , aujourd'hui bien réduit, occupe le nord-ouest du bassin amazonien, l'île de Marajó et le littoral de l'Amapa. . • Le groupe CARIBE se rencontre surtout sur la rive gauche de la basse et moyenne Amazone. • Le groupe BORORÓ est situé dans le Mato Grosso, au sud-est de Cuiaba. • Des groupes plus restreints ont une faible extension géographique les NHAMBlQUARAS dans le Rondônia, les CARAJAS près du Rio Araguaia, les PANOS dans l'Acre, les TUCANOS près des rios Negro et Japurà, à proximité de la frontière péruvienne. Les techniques d'approche Ces approches étaient réalisées par des techniciens appelés "sertanistes", c'est à dire spécialistes des régions intérieures mal connues, peu peuplées et un peu inquiétantes du fait précisément de la présence des indiens. A un endroit repéré comme lieu de passage des indiens, les sertanistes construisaient un "tapiri » ( le mot signifie cabane en langue tupi). Pour attirer les Indiens, les sertanistes accrochaient des cadeaux au tapiri : miroirs, couteaux, ustensiles divers. Ils donnaient ainsi aux indiens une manifestation de leur volonté pacifique: l'échange de dons, même modestes est une pratique courante pour prouver l'amitié (dans certaines langues indiennes, le même mot signifie cadeau, plaisir et amitié). En général, les indiens ne prenaient pas les cadeaux sans hésitation. Mais une fois qu'ils l'avaient fait, la répétition de l'opération a plusieurs reprises ouvrait la possibilité d'un contact avec eux qui commençait par l'acceptation des cadeaux qu'ils ont fait à leur tour. Sertanistes et Indiens se rencontraient alors. Les premiers pouvaient envisager d'établir un poste sanitaire et divers équipements sociaux. Les indiens et les organismes officiels Lent et difficile, parfois dangereux, ce travail d'approche était réalisé sous la responsabilité d'organismes officiels. Le Maréchal RONDON (1865-1958) qui avait été chargé par le gouvernement brésilien d'explorer les régions du rio Madeira pour établir la ligne télégraphique vers l'ouest (Lévi-Strauss évoque son périple dans "Tristes Tropiques") a été le principal promoteur de ces techniques de contact. C'est lui qui a fondé, en 1910 le SERVICE DE PROTECTION DES INDIENS (SPI) dans le but d'améliorer les conditions de vie des indiens, tout en respectant leurs coutumes. Il prend place à ce titre parmi les tenants de l'indigénisme, mouvement d'idées pour la reconnaissance et la promotion des civilisations indiennes qu'à connu toute l'Amérique Latine au début du XX ème siècle. Malheureusement, après lui, le SPI a été détourné de ses objectifs. Incapable d'empêcher les massacres d'indiens par les blancs, il a même été souvent utilisé pour spolier les indiens et les refouler hors de leurs territoires. C'est pourquoi, il a été remplacé en 1987 par la FONDATION NATIONALE DE L'INDIEN (FUNAI) qui assure jusqu'aujourd'hui les contacts et fixe les terres indiennes. La FUNAI a ainsi délimité des réserves (la plus connue est le parc national du XINGU, de 22.000Km2) et maintient en fonctionnement des postes indigènes chargés de résoudre les problèmes posés par les relations entre indiens et non-indiens. Le niveau et la nature de l'intégration Selon l'existence et la qualité des contacts, la FUNAI classe les indiens en plusieurs catégories : • Les tribus isolées avec lesquelles le contact a été établi ; • Les tribus avec lesquelles sont entretenus des contacts intermittents ; • Les tribus avec lesquelles sont entretenus des contacts permanents ; • Les tribus intégrées au Brésil. Le problème fondamental réside dans la nature de l'intégration. On sait que l'action de la FUNAI s'inscrit dans le cadre du statut de l'indien qui mêle les dispositions humanitaires à l'affirmation de la suprématie des intérêts supérieurs de l'état. Les terres indigènes sont réduites par la mise en valeur actuelle de l'Amazonie et ce processus met en péril le mode de vie indien lui-même. L'intégration des indiens dans la vie brésilienne entraîne souvent une acculturation et un déracinement des indigènes. Ces Indiens sont de moins en moins nombreux : c'est la preuve qu'il y a contradiction entre l'intérêt des Indiens et la conquête pionnière de l'Amazonie. En 2003, Antônio Ferreira Apurinã sera le premier sénateur indien dans l'histoire du Brésil. Le caoutchouc Le système de production jusqu'à la 2° guerre mondiale La production du latex en Amazonie est assurée par le sud-ouest de la région (bassins des rios Purus et Madeira). Elle est restée une activité de cueillette contrôlée par de grands propriétaires de périmètres d'exploitation. Ces propriétaires, les "seringalistas", avancent le nécessaire aux "seringueiros » chargés de récolter le latex des hévéas. Ce système appelé "aviamento". pratiqué aussi pour d'autres cueillettes, aboutit à une dépendance durable du "seringueiro » incapable de rembourser les dettes contractées auprès du patron. La grande époque du caoutchouc (1860-1912) On connaissait le latex depuis longtemps, mais c'est seulement alors, qu'on en découvrit l'usage industriel pour les tissus d'abord (imperméables), pour les pneumatiques ensuite. L'Amazonie avait alors le contrôle de la production de gomme de l'HÉVÉA BRASILIENSIS: dans le contexte d'expansion du marché mondial du aux débuts de l'automobile, les cours très élevés assuraient aux "seringalistas" et aux maisons de commerce du caoutchouc des profits considérables. Attirés par la fièvre du caoutchouc, et avec l'espoir de faire une rapide fortune, beaucoup de brésiliens sont venus alors en Amazonie; parmi eux, beaucoup de "nordestinos". chassés du "sertão" semi-aride par la sécheresse de 1877-1878. Devenus "seringueiros", ils perdaient vite leurs illusions et aussi l'espoir de retourner un jour chez eux. La crise du caoutchouc naturel brésilien On est passé brusquement au début du siècle de la prospérité, pour les propriétaires et les grands commerçants, à la crise. La raison en est la concurrence d'autres pays producteurs. En 1876, en effet, un anglais installé à Santarém, sur la moyenne Amazone, réalisa une expédition le long du rio Tapajos et en rapporta des graines d'hévéa: déjouant la surveillance de la douane de Belém (pour éviter justement ce qui allait se passer, la douane fouillait de près les navires au départ de Belém, il réussît à expédier les semences à Londres d'où un botaniste les envoya en Asie du sud-est. C'est la l'origine des plantations d'hévéas de cette région notamment de Malaisie. Les techniques ergonomiques appliquées dans le milieu favorable que sont les plaines deltaïques de l'Asie des moussons ont vite donné des rendements très élevés. Les tonnages proposés sur le marché mondial augmentent (en 1912, le Brésil produit 42400 tonnes et l'Asie du sud-est 28500 tonnes; dès 1916 les chiffres passent respectivement à 37000 et 110000 tonnes). Les cours baissent alors sensiblement. Le caoutchouc de plantation l'avait emporté sur le caoutchouc de cueillette. Tentative de relance Pour relever le défi de l'Asie du sud-est, dans l'entre deux guerres, la compagnie FORD créa deux plantations sur le rio Tapajos, sur des sols malheureusement mal choisis. Les résultats n'ont jamais été bons. La production a connue une reprise appréciable quand les Alliés avaient de gros besoins et que les Japonais s'étaient emparés de beaucoup de plantations asiatiques. Mais ce fut une relance éphémère., La production aujourd'hui La production de caoutchouc a augmenté en 2002 de 5,9%. Le total produit dans l'ensemble du pays a atteint les 90.000 tonnes, mais la consommation interne est de 235.000 tonnes. La colonisation agricole Fragilité du milieu naturel Parmi les problèmes que pose la petite colonisation paysanne figurent sa viabilité économique et son impact sur le milieu naturel amazonien. Les deux questions sont en réalité liées puisque les difficultés des colons viennent en partie de ce que l'écologie régionale se révèle fragile. Le défrichement permet certes, d'obtenir une première récolte satisfaisante, mais les rendements baissent vite parce que le sol n'est plus ravitaillé par les déchets de la forêt (on sait que celle-ci n'arrive à subsister sur les sols lessivés des tropiques pluvieux qu'en se nourrissant de ses propres débris et que l'abondance du couvert végétal ne doit pas faire illusion sur la qualité du sol) et parce que le ruissellement, aggravé par la disparition des arbres, provoque une érosion rapide. Il se révèle donc difficile de rompre l'interdépendance existant entre la forêt et le sol. C'est une des raisons, l'autre étant la préférence donnée à ses activités économiques plus rentables parce que tournées vers l'exportation, qui limitent la petite colonisation paysanne organisée par les services officiels. Le problème écologique posé par la destruction de la forêt amazonienne est étudié au Brésil par des chercheurs spécialisés dans les tropiques humides. Certains craignent que la destruction de la forêt ne perturbe le climat puisqu'une bonne partie de la pluie vient de l'évapotranspiration de la forêt elle-même. En outre, à l'échelle mondiale, la communauté scientifique internationale s'interroge sur les effets que de tels déboisements, s'ils se poursuivaient en masse, auraient sur l'équilibre de l'atmosphère terrestre tout entier. L'agrobusiness Les objectifs modernes de l'élevage consistent dans l'amélioration des pâturages ou la constitution des pâturages artificiels, le contrôle sanitaire des animaux et la maîtrise de leur production. Cette intensification de l'élevage bovin s'inscrit dans une politique économique générale menée par le Brésil pour accroître ses exportations de produits agricoles et notamment de viande. Pour encourager ce nouvel élevage, jugé plus efficace économiquement que la petite colonisation paysanne, l'état attribuait jusqu'en 2000, par l'intermédiaire de la SUDAM (Surintendance du Développement de l'Amazonie), des aides et des avantages fiscaux. Seuls les gros investisseurs pouvaient, en fait, prétendre se lancer dans une telle activité car les capitaux nécessaires sont considérables. La SUDAM fixait comme seuil de rentabilité 25.000 ha, la moitié restant en forêt et la moitié étant plantée en fourrages. Certes, le prix de la terre est bas, mais il faut compter avec de grosses dépenses d'infrastructure et de préparation du sol (après défrichement par brûlis, une culture de maïs ou de riz est souvent faite pour nettoyer le sol avant sa mise en fourrage). Ces conditions onéreuses font du grand élevage bovin, l'activité de grandes entreprises parfois étrangères: parmi elles, figurent Nestlé et Volkswagen (une publicité parue en 1977 dans la presse brésilienne, présentait le nouveau modèle Volkswagen: un zébu;!...). Autrement dit, l'agrobusiness a fait son entrée en Amazonie. Les régions les plus touchées par ces nouvelles formes d'élevage sont la bordure Est et Sud de l'Amazonie légale, dont la végétation naturelle fait d'ailleurs la transition avec les grands plateaux du centre où l'élevage est pratiqué depuis longtemps. Les grandes sociétés d'élevage y achètent des terres, réalisant ainsi une avancée pionnière à partir du Goias et de l'ouest du Minas Gerais. Ce nouvel élevage est ainsi clairement lié à São Paulo et au Sud-Est, tant par les routes permettant d'expédier la production, que par l'origine des capitaux investis. Outre les problèmes écologiques qu'il pose, ce phénomène a des conséquences sociales ambiguës. Alors que la petite colonisation paysanne fixe la population, le grand élevage n'a pas d'effet peuplant appréciable. De plus, les groupes financiers qui le pratiquent achètent des terres qui ne sont pas toujours vides, et sont assez puissants pour en expulser les occupants... L'efficacité économique l'emporte donc sur l'objectif social. Pour en savoir plus, voici une étude géographique récente: LA FORET AMAZONIENNE : UN PAYSAGE FORESTIER, UN PAYSAGE NATUREL? Bibliographie sommaire : DROULERS M., L' Amazonie, Nathan Université, 1995. DUVIGNEAUD P., La synthèse écologique, Doin, 1980. GOUROU P., L' Amérique tropicale et australe, Hachette Université, 1976. GOUROU P., Terres de bonne espérance : le monde tropical ,Terre humaine, Plon, 1982. MONBEIG P., Le Brésil, collection Que Sais-Je ?, PUF, 1983 THERY H., Le Brésil, Masson, 1989.
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